BIOGRAPHIE

« Un soleil, une lumière que faute de mieux je ne puis appeler que jaune »

– Vincent Van Gogh

 

Jaune est un artiste qui a choisi comme principal moyen d’expression le rythme : vidéaste, c’est au montage qu’il se réalise ; musicien, c’est la batterie qui l’a attiré quand, enfant, il a voulu percer le mystère de la relation entre la musique et le corps.

Il est bien possible que vous l’ayez déjà vu derrière les futs de tel ou tel groupe (François & the Atlas Mountains, Petit Fantome, Melody’s Echo Chamber, Quentin Dupieux/Tahiti Boy etc ), projets qui l’ont beaucoup occupé. Occuper, c’est ce qu’il a fait à Wall Street, où il a créé la vidéo Everybody Here Is a Filmmaker (New Year’s Eve in Occupy Wall Street) (https://vimeo.com/34941206) : un témoignage du passage à l’an 2012, constitué de 2012 plans.

 

Cette contrainte de montage illustre la logique atypique qui régit son travail : car il y a une logique, mais c’est une logique pétée, une logique à la Cortázar – ce n’est peut-être pas un hasard mais un clin d’œil du destin si Jaune occupe aujourd’hui l’ancien appartement de l’écrivain argentin – une logique d’enfant (« On dirait que… ») Ce sont d’ailleurs des enfants qui ont décrété qu’il s’appelait Jaune et non pas Jean. Désormais, sous ce pseudonyme coloré, il ne met plus ses talents de batteur au service des chansons des autres, mais au contraire écrit mélodies et textes au services de son rythme intérieur.

Il écrit et chante indifféremment en anglais ou en français, et sa voix semble planer au-dessus de sa musique tout en lui donnant un cadre, à la manière du documentariste qui capte le réel sans forcément prendre conscience qu’il est en train de le réinventer.

Si ce texte de ce présentation commence à s’enliser dans l’intellectualisant, la musique, elle, échappe à l’écueil du chiant, car le rythme reste au cœur de tout : lors de ses premières performances, Jaune avait d’ailleurs choisi d’être accompagné sur scène non par d’autres musiciens, mais par un danseur. En concert, il semble parfois être resté le batteur lunaire qui occupe le fond de la scène, derrière un groupe fantôme. Mais sur disque, le danseur, c’est toi, auditeur.

C’est via La Souterraine que sortent aujourd’hui ces chansons envoutantes, où la bizarrerie le dispute à une mélancolie amène, mais réchauffée par un soleil, éclairée par une lumière, que faute de mieux on ne peut appeler que Jaune.

Judah Warsky

 

 

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